La condition du "Poilu" d'après un combattant de 1917
" Le Poilu, c'est l'homme des bois, des cavernes, l'homme redevenu sauvage; c'est l'homme qui court à la mort, qui sait sa fin prochaine !
" Le Poilu, c'est l'homme qui, pendant plusieurs jours, demeure enterré dans un fossé profond et étroit, à demi rempli de boue et parfois de sang, dans un fossé où les parapets bornent l'horizon, où le jour vient tard et la nuit tôt, sans qu'on puisse l'abréger par la moindre clarté !
" Le Poilu, c'est l'homme qui n'est jamais propre; qui ne peut jamais être propre; qui se couche sans trop savoir sur quoi, tantôt sur la paille humide et prête à se transformer en fumier, ou sèche et grouillante de poux; tantôt sur la terre ferme et glacée, ou dans la boue ... ou parfois dans l'eau !
" Le Poilu, c'est l'homme qui voit, entend, devine la mort accourir vers lui, la mort affreuse sans beauté; la mort au fond d'un trou, qui pendant des journées entières, demeure immobile, accroupi dans un boyau, en butte à l'artillerie qui peut le carboniser, l'asphyxier, le rendre fou ou le décapiter; qui voit cette oeuvre effroyable s'accomplir autour le lui et qui attend tous les jours, à chaque instant que son tour arrive de n'être plus au monde des vivants.
" Le Poilu, c'est l'homme qui entend travailler dans les entrailles de la terre et dès lors attend tous les jours, toutes les nuits, à être précipité en débris dans un entonnoir après avoir sauté 5 à 6 mètres dans les airs !
" Le Poilu, c'est celui qui, des jours durant, reste dans la tranchée, lorsqu'il y a un coup dur, à ne manger que du biscuit, à ne boire que de l'eau croupissante, puisée sous ses pieds, ou la "gniole" qui vous tord les boyaux !
" Le Poilu, c'est l'homme à la pelle, à la pioche, au fusil, et qui, sans cesse, maniant l'un ou l'autre, tombe souvent de fatigue, sans lâcher la crosse de l'un ou le manche de l'autre.
" Enfin le Poilu, n'est pas l'homme qui a beaucoup de décorations, mais qui en mérite une tous les jours !"
Hommage au Poilu d'après un combattant anonyme

Conduite des mulets de ravitaillements sur la route vers l'Hartmannswillerkopf le 07 mars 1916

Le repas proche du sommet du HWK le 20 juin 1915. Au second plan, le Molkenrain

Soldats au repos devant les abris du camp Renié le 20 juin 1915

La messe devant la chapelle du camp Renié le 20 juin 1915

L'observation depuis le poste Arrault le 15 octobre 1916

Soldats partant en permission le 07 mars 1916

Le repas en commun
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