HWK : Pages d'Histoire

1914 : Le début d'un long conflit

      Le 03 août 1914, à la déclaration de guerre, la frontière franco-allemande matérialisée par des bornes, passe par les cols et sommets des Vosges (Ballon d'Alsace, col de Bussang, Hohneck, col de la Schlucht, col du Bonhomme). Les offensives en Alsace débutent le 07 août 1914 et les premières troupes françaises franchissent la frontière depuis la trouée de Belfort et les cols d'Oderen et de Bussang.

      Depuis le col de Bussang, les unités françaises atteignent Wesserling, St-Amarin puis descendent la vallée de la Thur d'où les troupes allemandes se sont rapidement retirées. Au soir du 07 août 1914, les français ont gagné Thann et leurs lignes passent par Schweighouse, Bernwiller et Altkirch. Le lendemain, les français poursuivent leur progression et pénètre dans Mulhouse sans livrer de réels combats. Le 133ème Régiment d'Infanterie est placé en flanc-garde dans le secteur de Cernay.

      Mais la contre-attaque allemande ne se fait pas attendre et dès le 09 août 1914, les XIVème et XVème corps d'armée des généraux Von Huene et Deimling passent à l'offensive sur Mulhouse et le secteur de Cernay. C'est une manœuvre d'enveloppement à partir de Cernay, que les allemands tentent de prendre au piège les troupes du corps d'armée français du général Bonneau. Ces derniers échappent de peu à l'encerclement mais sont contraints de se replier le 10 août. Le lendemain, le haut commandement français décide de la reprise de l'offensive et de nouvelles unités sont engagées sur le même front à partir du 14 août 1914. Les français poussent à nouveau vers Mulhouse où de violents combats auront lieu dans les secteurs de Flaxlanden ainsi qu'à Dornach, occasionnant près de 3000 morts, blessés et prisonniers. Mulhouse est repris pour la 2ème fois au cours de ce mois d'août particulièrement sanglant.

      Cependant, plus au nord, trois armées allemandes marchent vers Paris. Pour contrer cette menace, le général Joffre depuis le Grand Quartier Général français décide de retirer certaines troupes combattantes du front d'Alsace. C'est ainsi que le 24 août 1914, Mulhouse est une nouvelle fois laissée aux mains des allemands, qui l'occuperont cette fois-ci jusqu'à la fin du conflit.

      Les français se maintiennent néanmoins dans la Vallée de la Thur et occupent Thann avec un avant-poste à la Cote 425, au sud de Steinbach. Les allemands, quant à eux, tiennent Cernay et ses villages avoisinants. A partir du 13 décembre 1914, le village de Steinbach devient le théâtre de combats acharnés entre le 152ème Régiment d'Infanterie et le 161ème Landwehr Infanterie Regiment (L.I.R.) allemand qui s'affronteront huit jours durant pour sa conquête. Le 1er janvier 1915, un bataillon du 152ème R.I. se rend maître du village et repoussent les allemands qui resteront cantonnés dans la commune de Cernay. Les mauvaises conditions climatiques ainsi que le manque de réserves ne permettent pas aux français d'attaquer Cernay.

      Les positions de Steinbach et Cernay étant totalement verrouillées, l'état-major français décide d'engager des troupes pour effectuer des incursions vers les sommets environnants, au nord-ouest de Cernay. C'est ainsi que le 25 décembre 1914, la 1ère compagnie de 28ème Bataillon de Chasseurs Alpins (B.C.A.) se positionne dans le secteur du col du Silberloch. Le même jour, un détachement de 28 chasseurs monte au sommet de l'Hartmannswillerkopf, promontoire rocheux, s'avançant vers la Plaine d'Alsace …

Les Combats à l'Hartmannswillerkopf

    JANVIER 1915 : La Bataille pour le Sommet

    Le 28 décembre 1914, les allemands envoient à leur tour un détachement composé de 40 hommes du 123ème L.I.R. (Landwehr Infanterie Regiment) au sommet de l'Hartmannswillerkopf. Ils s'installent près de l'Aussichtsfelsen (Rocher Panorama) et ignorent tout de la présence du détachement français, situé un peu plus haut et masqué par l'épaisse forêt. Le 30 décembre 1914, les patrouilles françaises et allemandes se rencontrent dans le sous-bois et échangent des tirs qui provoqueront la mort du premier soldat allemand, Maximilian Ott, affecté à la 8ème Compagnie du 123ème L.I.R..

    Le 04 janvier 1915, la 8ème Compagnie du 123ème L.I.R. ainsi qu'un détachement du Landsturmbataillon Heidelberg remontent vers le sommet et attaquent à nouveau les postes français commandés par le sergent Calestroupat et le caporal Destroyat. Ces derniers résistent à l'attaque après avoir reçu les renforts de deux sections commandées par le sous-lieutenant Canavy. Les français comptent cependant 06 blessés et 10 morts dont le sergent Calestroupat.

    Le 09 janvier 1915, les allemands repartent à l'attaque des positions françaises situées près de la crête. Précédée par les premiers tirs d'artillerie, l'attaque allemande du 123ème L.I.R. a lieu à 13 heures 30. Les avant-postes français résistent, renforcés par un peloton du 68ème B.C.A. (Bataillon de Chasseurs Alpins). Du côté allemand, la conquête du sommet est un échec et ils déplorent 34 morts ainsi que 81 blessés.

    Les allemands ne souhaitent pas laisser le sommet de la montagne aux mains des français, qui leur offrirait un poste d'observation privilégié sur l'ensemble de la Plaine d'Alsace et ses voies de communication. Le 19 janvier 1915, ils lancent une nouvelle attaque d'envergure et réussissent à prendre, au-dessus de Wattwiller, le rocher du Hirtzenstein, tenu par des hommes du 28ème B.C.A..

    Au sommet de l'Hartmannswillerkopf, le 123ème L.I.R., le 119ème L.I.R., le 14ème M.J.B. (Mecklemburgische Jäger Bataillon) ainsi que le 11ème Uhlans de la 42ème Brigade de Cavalerie passent également à l'attaque et encerclent le fortin français, occupé par les chasseurs alpins du 28ème B.C.A.. Sous le commandement du sous-lieutenant Canavy, les français résistent héroïquement aux multiples assauts allemands. Des renforts français des 13ème, 28ème et 53ème B.C.A. tentent de percer les lignes allemandes du front du Silberloch, pour dégager les hommes bloqués au sommet mais en vain car ils essuient des tirs de mitrailleuses qui empêchent toutes progressions. Les chasseurs alpins bloqués au sommet ne peuvent communiquer avec les renforts qu'au son du clairon, et combattent malgré les températures glaciales (-14°C) et l'épaisse couche de neige. Le 21 janvier 1915, les allemands ont acheminé à côté du Rocher Panorama le premier Minenwerfer (mortier de tranchée) et procèdent à une vingtaine de tirs d'obus pesant chacun 50 kilos. Ceux-ci touchent au but, atteignant les dépôts de vivres, de munitions et tuant le sous-lieutenant Canavy et le chasseur Mosnier, clairon de la compagnie. Epuisés, les français sont contraints de se rendre et 118 survivants seront conduits à Mulhouse avant de partir en captivité en Allemagne. Les combats du 19 au 21 janvier 1915 auront fait plus de mille morts dans les deux camps.

     L'ORGANISATION DU FRONT

     A l'issue de ces premiers combats, français et allemands procèdent à une meilleure organisation de leurs secteurs de combats ainsi que de leurs positions arrière, car tout est à faire. Sur le secteur du front, des boyaux de liaisons sont aménagés et des tranchées approfondies. Des postes, des abris, des casemates, des camps sont créés sur la Montagne.

     Afin de rejoindre le secteur de l'Hartmannswillerkopf, les français améliorent les voies d'accès depuis Willer-sur-Thur et Bitschwiller en direction du camp Turenne, du camp Hoche, du Molkenrain pour faciliter le passage de la troupe, de l'approvisionnement ainsi que de l'artillerie. De nombreuses batteries de différents calibres seront disséminées dans la montagne en périphérie du champ de batailles (Grand Ballon, Goldbach, Molkenrain, Freundstein, Roche Dure, Herrenfluh, Wolfskopf).

     De leur côté, les allemands procèdent aux mêmes améliorations en fortifiant les positions tenues au sommet avec des tranchées et abris bétonnés. L'acheminement des matériaux, vivres, munitions et armement est rendu possible grâce à la création de la voie serpentine entre février et mai 1915, chemin de liaison essentiel entre la plaine et le sommet. L'artillerie allemande est elle aussi placée sur un demi cercle autour de l'Hartmannswillerkopf (forêt du Nonnenbruch, de Wittelsheim, de Staffefelden, de Berrwiller, de Bollwiller, Sandgrubenkopf, Thierenbachkopf).

     FEVRIER 1915 : L'attaque française

     Nouvellement promu à la tête de la 66ème Division d'Infanterie depuis le 29 janvier 1915, le général Serret va installer son poste de commandement au Molkenrain, qui surplombe l'Hartmannswillerkopf de presque 200 mètres. Il va décider de recentrer l'attaque sur cette partie du front. Le 27 février 1915 entre 11 heures et 15 heures, treize batteries françaises pilonnent les positions allemandes avant que l'attaque des 7ème, 13ème et 53ème Bataillons de Chasseurs Alpins soit déclenchée. La préparation d'artillerie française n'a pas atteint ses objectifs et l'attaque est enrayée par les troupes du 161ème R.I.R. (Rheinischen Infanterie Regiment), du Landsturmbataillon Mannheim et du 2ème escadron du 11ème Uhlans.

     MARS 1915 : Nouvelles attaques françaises

     Une nouvelle offensive française a lieu le 05 mars 1915 dans le secteur nommé Jägertanne, par les chasseurs du 13ème B.C.A., qui se trouvent encore face aux hommes du 161ème R.I.R. allemand. Toute une compagnie de ce régiment est anéantie notamment par le tir de barrage précis de l'artillerie française (pièces de 220mm placées à Goldbach).

      Le 17 mars 1915, les 7ème et 13ème B.C.A. poursuivent leurs efforts car l'objectif premier n'est toujours pas atteint à savoir la prise du sommet. Cette nouvelle attaque échoue une fois de plus et occasionnent de nombreuses pertes dans les deux camps. Le 13ème B.C.A. est relevé par le 152ème R.I alors que du côté allemand, le 161ème R.I.R. décimé, est retiré du front et remplacé par le 25ème I.R. (Infanterie Regiment).

      Le 23 mars 1915, le 152ème R.I. soutenu à sa droite par le 7ème B.C.A. passent encore à l'attaque, après une préparation d'artillerie de quatre heures, réunissant 57 pièces (25 canons de 220mm et 32 canons de 155mm). Les français prennent à revers la roche Sermet mais sont bloqués par les mitrailleuses allemandes à 150 mètres du sommet. Là aussi, les pertes sont lourdes : 400 morts et plus de 200 prisonniers du côté allemand. 260 morts dont 09 officiers du côté français (commandant Brun, capitaine Rochette, lieutenant Routhier, sous-lieutenant Pasquier)

      Trois jours plus tard, le 26 mars 1915, les offensives françaises se poursuivent toujours et le 152ème R.I. repart à l'assaut du sommet renforcé par des sections de plusieurs bataillons de chasseurs alpins. L'attaque est décisive et le sommet atteint et dépassé jusqu'au Rocher Panorama, la Bischofshut et la Courbe 7. Les allemands déplorent plus de 1000 morts ainsi que 1600 soldats prisonniers.

      AVRIL 1915 : Contre-attaque allemande

      La partie sommitale du HWK étant tenue par les troupes françaises, ces dernières disposent d'une vue globale sur les positions allemandes de la plaine d'Alsace, ses voies de communications et ses infrastructures, qui sont battues par l'artillerie. La station d'arrivée du téléphérique est également aux mains des français. Les allemands ne pouvant plus subir cette menace décident de reprendre le sommet du HWK. Après une première tentative, avortée le 19 avril 1915, les troupes allemandes du 75ème Infanterie Regiment, des Chasseurs de la Garde et du 8ème Bataillon de Chasseurs de Réserve, passent à l'attaque le 25 avril 1915, après une préparation d'artillerie de deux heures. Ils remontent les pentes et obligent les français du 152ème R.I. et du 57ème R.I.T.  à se replier dans les positions initiales qui étaient tenues le 23 mars 1915. Pris en tenaille par la manœuvre allemande, plus de 800 hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers du côté français. Le sommet est totalement dévasté, touché de plein fouet par les artilleries des deux camps.

      Le 26 avril 1915, les chasseurs du 7ème B.C.A. repartent à l'attaque et réussissent à reprendre le sommet sans toutefois pouvoir le dépasser. Chacun étant exposé aux tirs de l'artillerie adverse, le front se stabilise des deux côtés du sommet, celui-ci devenant le no man's land. Chaque camp se fait face et les lignes ne sont distantes que de quelques mètres. 

       ETE 1915 : La fortification de la Montagne

       Durant cette période estivale, le front du HWK est relativement calme. Les combats se sont reportés plus au nord où l'on se bat dans le secteur du Lingekopf et du Schratzmännele. A l'Hartmannswillerkopf, l'été est mis à profit pour parfaire les aménagements des tranchées, galeries, abris et poursuivre les travaux de fortification. Les français améliorent leurs voies de communication entre leurs cantonnements de la vallée de la Thur et le secteur du Molkenrain où se trouve le poste de commandement, des batteries d'artillerie ainsi qu'un certain nombre de camps disséminés sous bois.

       Les allemands, de leur côté, acheminent des tonnes de ciment et matériaux divers à l'aide de deux téléphériques construits sur le flanc nord-est de la montagne. En juillet et août 1915, ils améliorent notamment les positions du Bischofshut et du Bastion. Les pionniers allemands équipés de perforatrices pneumatiques s'affairent à creuser d'immenses galeries souterraines, qui, reliées entre elles, permettent aux fantassins de rejoindre les fortins présents sur la ligne de crête. L'eau, l'électricité, le téléphone sont alors distribués jusqu'en premières lignes. On déplore quelques duels d'artillerie ou de grenades voire quelques coups de main pour tenter de prendre un peu de terrain à son adversaire.

 

 

      AUTOMNE 1915 : La lutte au sommet

       Le 09 septembre 1915, les soldats allemands du Garde Pionier Bataillon utilisent pour la première fois des lance-flammes au cours d'une attaque dans le secteur du Bischofshut. Le 15 septembre 1915, ils lancent une nouvelle attaque et réussissent à prendre le sommet sans toutefois pouvoir s'y maintenir car ils demeurent toujours exposés aux tirs d'artillerie français.

      Le 15 octobre 1915, vers 05 heures du matin, sans préparation d'artillerie, des tirailleurs de la Garde allemands s'emparent du sommet et repoussent les français sur le versant sud-ouest vers le Silberloch. Le 334ème Régiment d'Infanterie résiste et appuyé par les chasseurs du 15ème B.C.A., ils réussissent à reprendre le sommet dès le lendemain mais se heurtent à la résistance de la Feste Dora. Ces combats meurtriers s'achèvent par un résultat nul, entraînant des pertes lourdes dans les deux camps : 240 tués et 791 blessés du côté allemand, 400 hommes dont 14 officiers du côté français.

      Cependant, le général Dubail commandant les armées de l'est, envisage en novembre 1915 une reprise des opérations à l'Hartmannswillerkopf visant à prendre l'ensemble du massif et en cas de succès, poursuivre l'effort vers Cernay puis Mulhouse. La 81ème brigade du colonel Goybet ainsi que la 6ème brigade de chasseurs alpins du colonel Boussat sont mises à la disposition du général Serret. On organise alors les préparatifs de cette offensive avec la construction de huit camps, l'acheminement de tonnes de vivres et de munitions, pour approvisionner les quelques 300 pièces d'artillerie disséminées dans la montagne dont deux pièces de 370 mm près de Goldbach.

      21 DECEMBRE 1915 : La grande offensive

      Après la dissipation du brouillard, c'est à 09 heures du matin, que les 239 pièces d'artillerie française de 65 à 370 mm déclenchent un orage de feu sur l'Hartmannswillerkopf et ses arrières, qui va durer 05 heures. Ces pièces de tous calibres vont déverser environ 25000 obus sur les positions tenues par les allemands.

      A 14 heures 15, fantassins et chasseurs passent à l'attaque sur la crête dévastée et bouleversée. Tandis que le 152ème Régiment d'Infanterie s'empare des fortifications de la partie sommitale et atteint les courbes 06 et 07 de la voie serpentine, le 5ème Bataillon de Chasseurs à Pied déborde la Crête des Pains de Sucre, la Schlummerklippe et stoppe à la côte des 700 mètres. Les 27ème et 28ème Bataillons de Chasseurs Alpins réussissent à prendre le rocher fortifié du Hirtzenstein. A 18 heures, les français ont atteint leurs objectifs à l'exception du rocher de l'Unterrehfelsen, qui a résisté aux assauts des 23ème R.I. et 15ème B.C.P.. Les pertes sont lourdes : 400 tués du côté français et 800 du côté allemand ainsi que 1348 prisonniers.

      22 DECEMBRE 1915 : La contre-attaque allemande

      Malgré l'ampleur de l'attaque française et après avoir été contraints au recul, lesallemands vont rapidement acheminer au cours de la nuit des renforts conséquents, basés à Soultz et à Mulhouse (8ème Reserve Jäger Bataillon, 40ème et 56ème Landwehr Infanterie Regiment). Ces nouvelles unités rejoignent sur la montagne les troupes déjà présentes et se réorganisent pour lancer une contre-attaque immédiate le 22 décembre 1915. Au petit matin, dans le secteur du Bastion – Bischofshut, les allemands s'infiltrent entre les positions françaises, remontent la pente et prennent à revers les soldats surpris par cette contre-attaque soudaine. A cours de réserve, le commandement français ne peut pas soutenir les fantassins bloqués au-delà du sommet. Pris en tenaille et malgré une résistance farouche, le 152ème Régiment d'Infanterie, encerclé au sommet a cessé d'exister à 13 heures. Cette bataille des 21 et 22 décembre 1915, la plus importante au HWK s'achève par une victoire allemande. Les français sont repoussés jusque dans leurs anciennes lignes

      Le 152ème R.I. est anéanti et déplore environ 600 morts et 1500 prisonniers. L'Hartmann devient le « Tombeau des Diables Rouges ».

      FIN DECEMBRE 1915 : De nouvelles attaques

      Après avoir produit un effort pour la reprise du sommet de l'Hartmannswillerkopf, les allemands envisagent également la reprise de l'Hirtzenstein, autre piton rocheux tenu par les français et menaçant leurs positions au-dessus du village de Wattwiller. Le 24 décembre 1915, se sont trois compagnies de chasseurs de la Garde qui attaquent ce rocher mais celle-ci échoue car balayée par les tirs des mitrailleuses de quatre bataillons de chasseurs alpins (7ème, 12ème, 47ème et 67ème).

      Le 28 décembre 1915, une nouvelle offensive, cette fois-ci française, se produit dans le secteur de la tranchée de la Suisse Lippique et du rocher de l'Unterrehfelsen. Les 11ème et 12ème B.C.A. s'empare de ses deux objectifs à l'exception d'une casemate allemande au Rehfelsen tenue par une trentaine d'hommes.

      Le 29 décembre 1915, les chasseurs de la Garde tentent de reprendre le rocher du Rehfelsen mais sont repoussés par les tirs français. Les tirs d'artillerie faisant rage dans ce secteur, le général Serret, commandant la 66ème Division d'Infanterie et gravement blessé par un éclat d'obus qui le touche à la jambe. Rapatrié à l'hôpital de Moosch, il va succomber à sa blessure le 06 janvier 1916.

      Le 30 décembre 1915 à 03 heures du matin, a lieu une nouvelle attaque allemande pour la reprise de l'Unterrehfelsen. Six compagnies de chasseurs de la Garde affrontent les français dans un furieux corps à corps et réussissent à reprendre cette position. Dans la nuit du 1er janvier 1916, la tranchée de la Suisse Lippique est également reprise après avoir été évacuée par les français.

     HARTMANNSWILLERKOPF : 1916

     Le 08 janvier 1916, après une préparation minutieuse, le commandement allemand lance une nouvelle attaque pour la prise du rocher de l'Hirtzenstein, avec l'appui d'une centaine de pièces d'artillerie. Durant cinq heures, se sont environ 27000 obus qui s'abattent sur les lignes françaises. Le 189ème Infanterie Regiment allemand part à l'assaut et fait face aux survivants des 7ème, 47ème et 67ème B.C.A. qui résistent héroïquement mais ne pouvant tenir les positions, sont contraints de se replier sur les lignes tenues avant le 21 décembre 1915. A partir du 09 janvier 1916, le front de l'Hartmannswillerkopf va se stabiliser et chacun va poursuivre ses travaux pour s'enterrer profondément. Plus aucune attaque d'envergure ne sera tentée sur ce théâtre d'opération.

      Les premiers mois de l'année 1916, sont mis à profit pour effectuer des travaux défensifs avec la remise en état des abris, tranchées de liaisons, des emplacements de tirs, des emplacements pour les guetteurs ainsi que la pose de fils de fer barbelés notamment devant les premières lignes. En février et mars 1916, les français améliorent les camps Renié et Duvernet tandis que les allemands poursuivent la perforation de nombreuses galeries souterraines au sommet. Cette période de travaux d'amélioration est toutefois perturbée par les bombardements et grenadages quasi journalier sur la Montagne, qui occasionnent nombre de morts et blessés dans les deux camps.

      Le 11 mai 1916, un abri à munitions s'effondre à la suite d'un bombardement dans le sous-secteur Moyret et occasionne la perte de 70 torpilles. Le 31 mai 1916, un très violent bombardement d'une heure trente provoque des dégâts matériels importants aux camps Renié, Duvernet, ainsi que dans les secteurs du Rehfelsen et du Silberloch.

      Des deux côtés, des patrouilles tentent de s'infiltrer dans les lignes ennemies pour faire des prisonniers, ce qui occasionnent grenadages et fusillades réciproques. Du 06 au 08 juillet 1916, la 66ème Division d'Infanterie est relevée par la 52ème D.I. Le 31 août 1916, des patrouilles allemandes pénètrent dans les tranchées françaises dans le secteur Sermet et attaquent plusieurs petits postes faisant plusieurs blessés au 245ème Régiment d'Infanterie. Du 07 au 13 décembre 1916, la 52ème D.I. est relevée par la 46ème D.I.

      HARTMANNSWILLERKOPF : 1917

      En janvier 1917, la 26ème division de Landwehr wurtembergeoise du Général Von Teichmann prend position à l'Hartmannswillerkopf.

      Le 28 janvier 1917 à 15 heures est déclenchée l'opération allemande nommée « Rumänien » menée par le 124ème Landwehr Infanterie Regiment. Précédée d'un bombardement de 47 pièces, les soldats allemands doivent opérer un « coup de main », une incursion rapide dans les 1ères lignes françaises. Ils reviennent avec 39 prisonniers français. Cependant, ce même jour, avant le déclenchement de l'opération, un coup trop court d'un minenwerfer s'abat sur un stock de mines du minenwerfer Christian, empilées près de l'entrée de la galerie du Ziegelrücken, causant la mort de 63 soldats dont 04 officiers du 124ème L.I.R. 

      Le 15 mars1917, les allemands expérimentent pour la première fois des torpilles de minenwerfer de 77 mm à gaz, faisant une douzaine de tués et intoxiqués dans la compagnie 2/13 du Génie et le 245ème R.I.

      Le 27 juin 1917, la 26ème division de Landwehr wurtembergeoise déclenche à 08 heures 15, sur un front de huit kilomètres englobant le HWK, l'opération München, précédée par des tirs de 78 pièces d'artillerie et accompagnée par des avions mitrailleurs.

      Entre août et décembre 1917, plusieurs « coups de main » destinés à faire des prisonniers sont effectués par des groupes d'assauts ou des groupes francs. Ce type d'opérations ponctuelles a remplacé les combats de grandes envergures sur le HWK :

Le 10 novembre 1917, 2500 tirs d'artillerie sont opérés sur les camps Pau, Scheurer et Duvernet suivis d'une attaque de deux groupes d'assauts de 40 allemands qui s'infiltrent dans les lignes françaises au sommet. Les français déplorent 95 disparus probablement faits prisonniers.

Le 1er décembre 1917, des bombardements intenses sont effectués par les allemands avant l'exécution d'un coup de main sur le petit poste N°11 du sommet où deux chasseurs du 69ème B.C.P. sont capturés.

Le 21 décembre 1917, précédé d'un violent bombardement, l'opération A130 est déclenchée par une centaine de soldats allemands, scindés en quatre groupes qui s'infiltrent dans les lignes françaises où ont lieu des combats au corps à corps. Les chasseurs du 28ème B.C.A. déplorent 10 tués, 15 blessés et 13 disparus.

      HARTMANNSWILLERKOPF : 1918

      Le 20 décembre 1917, les allemands emploient pour la première fois des obus à gaz dans le secteur de l'Hartmannswillerkopf.

      Tandis que les conditions hivernales rudes rendent les pistes et les boyaux impraticables, de nouveaux bombardements par obus à gaz ypérite ont lieu dans les tranchées françaises, le 1er février 1918. 03 officiers et 60 chasseurs du 17ème B.C.A. gazés sont évacués. Le 12 février 1918, se sont 200 obus à gaz ypérite de 105mm qui tombent dans le secteur du P.C. Rochette par rafales de 10 à la minute, intoxiquant 47 chasseurs du 17ème B.C.A. sur les 150 exposés.

      Les bombardements par obus à gaz se poursuivent au cours des semaines suivantes jusqu'au 17 et 18 mars 1918, lorsque les camps de Pierre et Hoche sont une nouvelle fois pilonnés à l'ypérite et à la surpalite. 10 chasseurs de la 4ème compagnie du 24ème B.C.A. sont intoxiqués.

      En cette année 1918, afin de préserver au maximum les soldats des tirs d'artillerie, seules quelques sentinelles occupent les 1ères lignes et sont chargées d'alerter les renforts en cas d'attaques. Les espaces créés permettent les incursions nocturnes de patrouilles bien au-delà des 1ères lignes ennemies. Le 29 juin 1918, les allemands effectue ainsi un nouveau « coup de main », l'opération Heuernte, sur le camp Burlureau où ils capturent 04 soldats français.

      Le 21 août 1918, un bombardement intense de minenwerfers et d'obus de tous calibres touche les positions françaises au G.C. des Dames et Ecolières. Les combats à la mitrailleuse et à la grenade font un mort ainsi que plusieurs blessés dans les rangs du 19ème R.I.

      Le 23 août 1918 à 22 heures 30, le 30ème Régiment du Génie américain effectue un tir en nappe de 315 bombes à gaz Livens sur les lignes allemandes.

      En septembre et octobre 1918, les patrouilles allemandes poursuivent leurs infiltrations dans divers secteurs de combats français (Jean Blanc le 02/09/18 ; Barrault le 05/09/1918 ; Tissot le 11/09/18 provoquant 14 morts, 2 blessés et 12 disparus français ; Lecuyer le 16/09/18). Le 03 octobre 1918, un nouveau coup de main allemand est tenté sur les secteurs de combats Amic et Chambaud, précédé de tirs d'obus à gaz. Les français déplorent 05 morts, 02 blessés et 29 intoxiqués.

      Le 28 octobre 1918, le 363ème R.I. qui occupe l'ensemble du HWK, recense sa dernière victime, Auguste VALLON, le dernier a être tombé sur la Montagne. Ironie du sort l'artillerie française a exécuté un tir sur les lignes ennemies dans le secteur de la Roche Amic mais deux projectiles trop courts, sont tombés dans les lignes françaises, fauchant accidentellement le malheureux 2ème classe. Né à LOUVEMONT (Haute-Marne) le 20 juin 1892, il était âgé de 26 ans.

      Quelques jours plus tard, le 11 novembre 1918 à 11 heures, allemands et français sortent de leurs tranchées, se serrent les mains et échangent des denrées alimentaires contrent du tabac et des cigares. D'autres, tirs des fusées éclairantes en guise de réjouissance, pour marquer enfin, la fin des combats …

      L'Hartmannswillerkopf et son champ de batailles entraient dans l'Histoire en devenant l'un des quatre monuments nationaux de la 1ère Guerre Mondiale.

 

 

 

 

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