Argot des Tranchées & Lexique

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions de France côtoient ainsi ceux des colonies françaises. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères. Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d'expressions sont encore et toujours employés dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Abeille : Balle de fusil. Terme faisant référence au bruit des projectiles dans leur course.

Adjupète : Surnom donné à l'adjudant.

Alboche : Nom donné aux allemands

Arrosoir : Désigne le canon de 75mm français

Artiflot : En argot des combattants, désignation des artilleurs, principalement par les fantassins.

As de Carreau : Nom donné au havresac ou sac à dos du fantassin français en raison de la forme carré de sa structure intérieur en bois, qui servait aussi de dernier rempart contre les tirs ennemis.

Azor : Dans l’argot des combattants, désigne le sac des combattants.

Barbaque : Viande souvent de mauvaise qualité.

Barda : Equipement du soldat qu'il place généralement dans son havresac (As de Carreau).

Bidoche : Terme désignant la viande.

Bleus, bleuet, bleusaille : Désignation dans l’argot militaire d’un soldat inexpérimenté, n’ayant pas ou peu vu le feu.

Boche : Désignation péjorative des Allemands par les Français. Ce terme serait une réduction du terme argotique "Alboche", désignant aussi les Allemands.

Bourrin : Un cheval.

Bricheton : Désigne le pain, la miche de pain, le pain blanc.

Cabot : Argot militaire désignant le grade de caporal ou encore un chien.

Cagna : Abri de tranchées généralement souterrain, offrant un refuge rudimentaire aux soldats.

Camarade : Expression signifiant, dans l'argot des combattants, se rendre volontairement, en se référant à l'expression prononcée par les soldats allemands lors d'une reddition "Kamerad".

Civelot : Un civil.

Clarinette : Surnom donné au fusil Lebel.

Crapouillot : Surnom donné aux mortiers de tranchée français et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. Terme qui signifie à la base "petit crapaud". Ces armes, servies par des artilleurs de tranchée, furent beaucoup utilisées parce que leur tir courbe était adapté à la guerre des tranchées.

CuistanceDurant la Première Guerre mondiale, lieu situé en arrière les tranchées où l’on prépare le repas des soldats du front.

Cuistot : Argot militaire désignant le cuisinier d'une caserne ou d'un corps de troupes en campagne.

Cure-dents : La baïonnette

Double-mètre : Homme de grande taille.

Dragée : Une balle, un obus.

Embusqué : Militaire affecté à un poste sans danger (synonyme de planqué).

Escarpins : Brodequins (chaussures de soldats). Terme ironique, évidemment.

Flambante : Une allumette.

Flingue ou Flingot : Un fusil.

Fourchette : La baïonnette.

Galonnard : Désigne un supérieur hiérarchique considéré comme plus attentif à ses galons et à ses décorations qu'à la vie de ses hommes.

Galtouze : Gamelle

Gaspard : Rat. Ce terme proviendrait du patois lyonnais.

Gnôle : Alcool, alcool fort, eau-de-vie, généralement de mauvaise qualité. Une double ration de gnôle était donnée aux hommes pour les aider à aller à l'attaque.

Godillots : Les chaussures.

Grelots (avoir les) : Avoir peur.

Groin : Masque à gaz.

Gros Q : Le tabac distribué par l'intendance.

Guitoune ou Gourbi : Argot militaire désignant un abri de tranchées synonyme de cagna.

Havresac : Besace dans laquelle chaque soldat plaçait ses effets personnels ainsi que son équipement. Il se portait sur le dos à l'aide de deux bretelles. On y trouve ses habits, sa nourriture, lampe, nécessaire à couture, le tout savamment rangé grâce à un mode d'emploi imprimé sur un "mouchoir d'instruction". Il était surmonté de la gamelle et d'un étui musette pour ranger les souliers de repos. Le paquetage pèse environ 25 kilos.

Jus : Terme désignant le café.

Juteux : Désigne le grade d'adjudant.

Kébour : Terme désignant le képi.

Maous : Gros, lourd (maous pépère, maous poilu).

Marmite : Dans l'argot des poilus, une marmite désigne un obus de gros calibre, en particulier les projectiles de minenwerfer, en raison de leur forme et de leur poids.

Mercanti : Mot à connotation péjorative, utilisé par les soldats français pour désigner les civils commerçants ou improvisés commerçants qui vendent, à proximité du front, des boissons, denrées ou autres produits à des prix exagérément élévés.

Merlan : Nom donné au coiffeur.

Miaules : Mot qui désigne à la fois les mulets ou les obus de 77 allemands.

Moulin à café ou à poivre : Mitrailleuse. Terme faisant référence au bruit du moulin à café manuel.

Museau de cochon : Masque à gaz.

Musiciens : Haricots secs. Ce terme évoque de façon poétique les bruits émanant du ventre après ingestion de cette nourriture.

Musique : Le bombardement.

Noir : Ivre, saoul.

Pandore : Un gendarme

Paquebot : L'ambulance.

Patelin : Pays natal, village où l'on cantonne.

PCDF : Abréviation de "Pauvres Couillons/Cons du Front", se référant aux fantassins.

Pépère : Le terme désigne soit un secteur tranquille soit le surnom donné aux soldats territoriaux costaud, résistant, les plus anciens. Ce mot s'est peu à peu étendu dans le langage poilu pour devenir d'un usage fréquent, s'appliquant à tout ce qui sort de l'ordinaire.

Péquenot : Homme peu dégourdi. Diminutif de péquin, sobriquet que les troupiers donnent aux civils.

Pétoir : Fusil.

Pétroleur : Surnom donné aux équipes de sapeurs spécialisés dans l’emploi des liquides enflammés et lance-flammes.

PinardArgot désignant un vin rouge ordinaire, de qualité inférieure. Son histoire est liée à la Première Guerre Mondiale où il fut le vin des poilus qui lui donnèrent son heure de gloire en le désignant comme « Saint Pinard » ou « Père Pinard ».

Pioupiou : Soldat de la période 1871-1914. Cette expression familière est abandonnée rapidement au profit du terme "poilu", plus conforme à la réalité de la guerre.

Pive : Vin, et spécialement vin rouge de moindre qualité.

Poilu : Surnom donné aux soldats français de la Première Guerre Mondiale. Le mot « poilu » désignait aussi à l’époque dans le langage familier ou argotique quelqu’un de courageux, de viril. Le terme « poilu » désigne pour le civil « le soldat combattant » qui défend notre sol, par opposition à « l’embusqué ». C’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! 

Popote : Cela désigne le repas des soldats, "la becquetance", préparé aux cuisines ou cuisines roulantes proches du front, souvent composé d'une bouillie servie dans des gamelles métalliques.

Poulailler : Un véhicule de transport de soldats.

Pristo : Prisonnier.

Pruscos : Dans l'argot des combattants, désignation des Allemands, par déformation des "Prussiens".

Rab ou Rabiot Excédent à répartir, à distribuer.

Raide : Etre malade.

Ramdam : Bruit, tapage, vacarme.

Raquette : Une grenade à main avec un manche.

Rase-terre : Homme de petite taille.

Rata : Nourriture servie aux soldats et difficile à identifier, équivalent au ragoût. Le terme provient du mot "ratatouille".

Rosalie : Surnom donné à la baïonnette du fusil Lebel. Ce terme, qui compare la baïonnette à une femme (elle suit l'homme comme une fiancée), est surtout utilisé par les personnes à l'arrière, et en particulier par certains chansonniers. "Rosalie m’fait les doux yeux", dit La petite Tonkinoise, une chanson de l’époque.

Roulante : Terme qui désigne initialement la cuisine roulante de compagnie, mobile, qui permet de préparer le ravitaillement des combattants à proximité des premières lignes.

Santard : Etudiant qui fait des études de médecine militaire (école du service de santé du Val de Grâce à Paris ou école de Lyon).

Sardines : Galons de sous-officiers.

Saucisse : En argot des poilus, le terme désigne un ballon d'observation. Le nom vient de la forme allongée de ce type de ballon.

Seau à charbonObus, projectile de minenwerfer que les soldats voyaient arriver sur eux dans la tranchée.

Séchoir : Barbelés. L'expression vient de ce que les soldats tués lors d'une offensive pouvaient "sécher" sur les barbelés dans lesquels ils étaient pris.

Sibiche : Une cigarette.

Singe : Bœuf en conserve de type « corned-beef » (boîte de singe) faisant partie de la ration des soldats.

Sous-verge : Sous-lieutenant en argot militaire.

Tambouille : Les plats, les repas, la nourriture du soldat.

Tampon : Militaire ordonnance, mis au service d'un officier pour s'occuper de ses affaires personnelles.

Totos : Nom donné aux poux ou plus généralement aux parasites . Les poux font partie du quotidien des soldats pendant la Grande Guerre. Ils se logent dans les cheveux et les vêtements, rendant d'autant plus difficile la vie dans les tranchées.

Tranchecaille : Désigne la tranchée

Traquette (avoir la)Avoir peur, trembler.

Tringlot : Soldat d'un régiment du train, chargé de l'approvisionnement.

Troufion : Le soldat.

Tuyau : Terme d'argot désignant les rumeurs, un bon renseignement et qui possédait de nombreux synonymes (bruits, ragots, bobards, ...).

Ypérite : Surnom donné au gaz de combat asphyxiant mis au point en 1917 par l’Allemagne et utilisé pour la première fois dans la région d’Ypres (Belgique) en juillet 1917. Il est également nommé gaz moutarde.

Zef : Un aéroplane ou le vent.

Zigomar : Le sabre de cavalerie.

Zigouiller : Tuer.

Lexique militaire

Ambulance : 1) Véhicule de transport des blessés (sens actuel du terme). 2) Unité médico-chirurgicale, qui existe au niveau du corps d’armée. On parle de l’ambulance N° tant comme on parlerait du régiment N° tant.

Bande molletière : Elément de l’équipement des fantassins français, constitué d’une bande en drap de laine enroulée autour du mollet.

Batterie : Dans le domaine militaire, une batterie est un ensemble tactique désignant un petit groupe de pièces d'artillerie (canon, mortier, obusier, etc). Sur le théâtre des opérations terrestre, les batteries sont généralement regroupées en unités plus importantes appelées bataillons ou groupes, qui sont à leur tour regroupées au sein d'un régiment ou d'une brigade d'artillerie ou d'armes combinées.

Bleu horizon : Nom donné à la couleur de l’uniforme français adopté après la bataille de la Marne en septembre 1914, pour rompre avec la visibilité désastreuse des pantalons rouge garance utilisés jusque-là. La distribution des nouveaux uniformes s’étale dans le temps jusqu’en 1915.

Bivouac : Terme militaire qui désigne le fait d’établir un campement provisoire à l’extérieur, et, par extension, un repas ou une nuit passés dehors. Le terme tend à être davantage utilisé au début de la guerre, avant l’installation dans les tranchées, il s’applique ensuite lors des déplacements entre secteurs.

Bouthéon : Marmite collective aplatie en métal utilisée notamment durant la 1ère Guerre Mondiale, qui permettait de transporter les aliments pour nourrir quatre soldats. Il était entre autre utilisé pour le transport de la soupe. Le terme doit son nom à son inventeur, l'intendant Bouthéon. L’invention entre en dotation dans l'armée française à la suite de la loi du 4 août 1887. Retirée par la loi du 30 juin 1895, elle sera remplacée par un ustensile collectif qui en conserve le nom.

Boyau : Voie étroite de communication entre deux tranchées (boyau de communication).

Brancardier : Militaires chargés de la récupération et du transport des blessés ou des morts aux tranchées et sur le champ de bataille. Leur tâche était particulièrement périlleuse.

BraseroAppareil de chauffage généralement utilisé à l'extérieur par les soldats pour se réchauffer.

Citation : Pendant la Grande Guerre, la citation individuelle est une récompense matérialisée par un texte et donnant droit à la croix de guerre créée en 1915. Les citations s'organisent selon un ordre de valeur croissant : à l'ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d'armée ou de l'armée.

Coke (charbon) : ll s'agit d'un combustible obtenu par pyrolise de la houille dans un four à l'abri de l'air et est utilisé par les soldats sur le front. Des résidus de coke sont souvent retrouvés sur les emplacements des anciens camps à l'Hartmanswillerkopf.

Compagnie : Quatre sections (60 hommes chacune) forment une compagnie, unité de manoeuvre et unité administrative, commandée par un capitaine. La première section est en théorie dirigée par le lieutenant le plus ancien. La seconde l'est par un officier de réserve. La troisième par un adjudant. La quatrième par un second lieutenant ou un sous-lieutenant. Au combat, la compagnie engage parfois deux sections en première ligne et maintient les deux autres en arrière des deux autres. Petite par la taille, elle ne peut être longtemps engagée au combat, sans l'appui de réserve. La compagnie comprend donc environ 250 hommes soit 1 capitaine, 3 lieutenants, sous-lieutenant ou adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 1 sergent-fourrier, 8 sergents, 1 caporal-fourrier, 16 caporaux, 222 soldats : 2 tambours, 2 clairons, 1 infirmier, 4 brancardiers, 1 tailleur, 1 cordonnier, 1 cycliste, 3 conducteurs, 32 grenadiers et 175 hommes. Notons que cette unité est équipée d'une voiture à munitions, d'une voiture à vivres et à bagages et d'une cuisine roulante. Elle forme, sous la direction du capitaine, assisté de sous-officiers comptables, une unité administrative autonome pour ce qui touche la solde, la nourriture (ordinaire) et l'habillement.

DragonTroupe de cavalerie, à l'origine infanterie montée. Les escadrons de dragons, pendant la Grande Guerre, furent adjoints à des divisions d'infanterie et des escadrons à pied pour participer à la guerre des tranchées.

EscarmoucheCombat localisé et de courte durée entre éléments isolés ou détachements ennemis.

Escouade : Une escouade était une fraction d’une compagnie (d'une section plus précisément) sous les ordres d’un caporal ou une fraction d’un escadron, d'un peloton sous les ordres d’un brigadier. Il n'y a généralement qu'une dizaine d'hommes dans une escouade. Durant la 1ère guerre mondiale, dans l'armée française, une section d'infanterie comprend 2 à 3 escouades chacune commandée par un caporal.

Falot : Lanterne portative de grande dimension utilisée par les soldats.

Feldgrau : Littéralement "gris de campagne" : couleur de l’uniforme allemand. Par extension, désigne le fantassin allemand. Terme allemand repris tel quel par des soldats français.

Feldwebel : Adjudant allemand.

Feuillées : Latrines de campagne, généralement creusées dans la terre un peu à l’écart des tranchées principales.

Fine blessure : Blessure qui permettait de retourner à l'arrière sans être pour autant réellement dangereuse ou handicapante. Elle offrait aux soldats un moment de répit lors des soins à l'hôpital, avant un éventuel retour au front.

Fourrier : L'emploi de fourrier est rempli par un sergent ou un caporal. Aux ordres d'un sergent-major, ce sous-officier est chargé de l'intendance au sein de sa compagnie. Il est notamment chargé de pourvoir au logement des  soldats quand ils passent dans une ville, et de répartir entre les escouades les vivres et les effets d'équipement.

Gabion : Panier sans fond, fait de branchages entrelacés sur des piquets fichés dans le sol et remplis de terre afin d'offrir une protection pour l'exécution des terrassements.

Lebel : Fusil équipant les armées françaises. D'un calibre de 8 mm, il a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Il est à la fois robuste et précis mais souffre de la lenteur de chargement de son magasin. La longueur du fusil Lebel (1,80m) le rend d'usage très peu pratique dans les tranchées souvent étroites de la guerre de position.

Limoger : Envoyer un officier supérieur, jugé inefficace et incompétent, dans un commandement subalterne. Ayant estimé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient incapables au front, Joffre décide le 27 août 1914 que ces officiers faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12ème région qui, alors, englobe, loin du front, les départements de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres. Entre 150 et 200 officiers auraient été concernés par cette mesure mais tous n'auraient pas séjourné dans la ville à l'origine du néologisme.

Marraine : Femme assumant la charge morale d'un soldat sans famille ou originaire des provinces envahies.

Mélinite : Explosif brisant à base d'acide picrique, mis au point en 1885 par le chimiste Eugène Turpin. Elle est de couleur jaune paille, d'où son nom ("méli", miel en grec). Son pouvoir de destruction a conduit à la remise en cause des forts dits Séré de Rivière souvent déclassés pour cette raison en 1914.

Mine : Charge d'explosifs que l'on amenait sous la tranchée ennemie afin de la faire exploser. Les mines étaient placées dans des galeries souterraines creusées à cette fin par des troupes spécialisées, les sapeurs. Par extension, on désigne comme la "mine", l'ensemble du cheminement souterrain creusé par l'assaillant jusque sous la position adverse pour y aménager une chambre de mine. Ce type de guerre était très craint des combattants, comme de ceux chargés de placer les mines.

Minen ou Minenwerfer : Nom des pièces d'artillerie de tranchée allemande, et, par extension, désignation des projectiles qu'elles envoient.

Monter : Pour les combattants français, le verbe monter devient durant la guerre synonyme "d'aller aux tranchées", en raison notamment de l'organisation du "système-tranchées" qui fait alterner dans le temps des séjours dans les espaces (arrière, arrière-front, front-arrière, zone de feu) plus ou moins dangereux. On "monte" vers le feu et les tranchées de 1ères lignes. A l'inverse, on "descend"  pour aller au repos ou à l'arrière des lignes.

No Man's Land : Littéralement : " la terre de personne ". Ce terme désigne l'étendue de terrain ravagée et inhabitée située entre les deux lignes de tranchées adverses. Son premier emploi attesté se trouve dans une dépêche d'Ernest Swinton, militaire et correspondant de guerre anglais, le 21 décembre 1914. Clair et évocateur, le terme est largement repris par la suite, y compris par les combattants francophones.

Obusite : Qualifie les affections psychologiques faisant suite à l’expérience du bombardement. Equivalent anglais : "shell shock".

Ordre du jour : Moyen dont dispose la hiérarchie militaire pour s'adresser à la troupe et aux subordonnés. Il est daté, porte un numéro et se caractérise par sa brièveté et son intention de frapper l'imagination et ceux qui vont le lire et l'entendre, car un ordre du jour se lit plusieurs fois aux rassemblements des hommes. Il vise à les encourager ou à les mettre en garde contre les comportements attentatoires à la discipline.

Pain K.K. : Pain de rationnement allemand à base de son et de pommes de terre (Kleie und Kartoffeln) qui a donné lieu en France à de multiples allusions scatologiques, dans la logique de la dévalorisation de l'ennemi.

Parallèle de départ : Espace aménagé parallèlement à la tranchée de 1ère ligne, permettant de concentrer les combattants d'une vague d'assaut en vue d'une offensive.

Parapet : Rebord de la tranchée qui fait face à la tranchée adverse. Il constitue à la fois une protection (renforcée par des barbelés et des sacs de sable) et un obstacle à escalader lors des attaques ou des départs pour patrouilles ou coups de main. Une des règles primordiales de la guerre des tranchées consiste à ne rien exposer à l'adversaire au-dessus du parapet.

Parados : Protection par un monticule de terre en arrière de la tranchée.

Pare-éclats : Elément de protection placé de manière transversale dans une tranchée ou un boyau afin de limiter les effets de l'explosion d'un obus en arrêtant ses éclats.

Percée : Ce terme désigne la rupture du front adverse que l'on attend d'une offensive.

Percutant : Type d'obus qui éclate lors du contact avec le sol.

Pétard raquette : Grenade artisanale française constituée de cartouches explosives qui sont placées de chaque côté d'une planchette en bois et maintenues à l’aide de tiges d’aciers placées côte à côte ainsi que d’un solenoïde en fil d’acier très serré. Ce type d’engin sert à la fois à lutter contre le personnel et à détruire les réseaux de barbelés.

Queues de cochon : Piquets de fer qui se vissent dans le sol. Ils sont destinés à supporter les réseaux de fils de fer. Cette méthode d'installation avait pour avantage de faire moins de bruit et a été privilégié au système du début de la guerre où il fallait enfoncer les piquets en tapant.

Rameau : Galerie étroite qui mène à la chambre de mine. En cas de nécessité - neutraliser en urgence une mine ennemie par un camouflet par exemple - le rameau pouvait être lui-même chargé d'explosif avant même le creusement de la chambre.

Relève : La relève est le remplacement d'une unité par une autre dans les tranchées. Cette opération dangereuse car bruyante, conduisant au regroupement d'un grand nombre de combattants, se faisait généralement de nuit. Sa périodicité n'est pas fixée strictement, mais une unité en première ligne est généralement relevée au bout de quatre à sept jours. La relève s'effectue par les boyaux.

Réseau : Le fil de fer barbelé fixé sur des montants était fréquemment installé sur plusieurs lignes successives dénommées "réseaux". Leur mise en place et leur réparation généralement effectuées de nuit constituaient une part importante des travaux des combattants aux tranchées.

Sammy : Terme désignant le soldat américain.

Sape : Dans le vocabulaire de la guerre de siège, la sape est une tranchée profonde (parfois couverte, mais jamais souterraine) permettant la circulation à l'abri des vues. Dans la guerre des tranchées, ce sens correspond généralement à celui des boyaux et le terme de sape est souvent improprement employé pour désigner une galerie souterraine pour fourneaux de mine ou un abri souterrain.

Shell-Shock : Littéralement le "choc de l'obus" : nom donné par les Anglo-Saxons aux affections psychologiques consécutives à l'expérience du bombardement, constatées chez certains soldats.

Shrapnel : Arme antipersonnel, obus rempli de projectiles, du nom de l'inventeur du minuteur qui provoque l'explosion, le général anglais Henry Shrapnel. L'orthographe du terme est variable dans les témoignages. L'obus libère 200 à 300 balles de plomb capables de percer un crâne non casqué. Par extension, on appelait aussi shrapnells les éclats d'obus.

Taube : (mot allemand qui signifie pigeon) 1/ Avion allemand monoplan dont la forme générale rappelle celle d'un oiseau en plein vol. 2/ Surnom donné à certains projectiles de mortiers de tranchées allemands (granatenwerfer) fréquemment utilisés durant la Grande Guerre.

Tommy : Terme désignant le soldat anglais.

Vaguemestre : Militaire chargé de la distribution du courrier aux armées. Son arrivée est essentielle pour le moral des combattants qui attendent les lettres et les colis, constituant leur lien avec l'arrière et leurs familles.

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